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Une prise de conscience s’impose. Certes, il ne s’agit pas de délaisser totalement les plus belles plantes de Chine ou du Chili. Il ne s’agit pas non plus d’ignorer les résultats souvent remarquables obtenus par les hybrideurs. Mais il nous faut apprendre à connaître les belles plantes de chez nous. Nous pouvons aussi remonter dans le temps et voir quelles étaient les plantes connues au Moyen-Age. En fait, nous avons intérêt à remonter jusqu’aux plantes gallo-romaines.


Regardons autour de nous dans les pelouses, au bord des chemins, dans les bois. Nous y verrons quantité de belles fleurs dignes de nos jardins, comme la jacinthe des bois, la sauge des prés, la viorne obier. Consultons les flores pour enrichir nos connaissances. Et, si nous allons en montagne à la belle saison, nous y serons émerveillés par l’éclat des fleurs, dans la pureté de leur forme naturelle, non “améliorée”.


Les moines nous ont laissé la liste des plantes qu’ils cultivaient et Charlemagne a dresssé la liste de celles qu’il voulait trouver en ses domaines. Ce sont souvent des plantes qui étaient utilisées pour leurs propriétés médicinales. Elles représentent notre patrimoine botanique et méritent à ce titre d’être conservées. On peut en visiter des collections dans les nombreux jardins médiévaux qui ont été reconstitués un peu partout en France.


En fait, les plantes connues au Moyen-Age l’étaient déjà à l’époque gallo-romaine, à de rares exceptions près. Le mérite des moines consiste surtout à avoir sauvegardé l’héritage de l’antiquité et à nous l’avoir transmis. Les Gaulois, et plus généralement les Celtes, connaissaient et utilisaient de nombreuses plantes soit locales, soit importées. A titre d’exemple, rappelons que l’orge leur servait à préparer la cervoise, que le pastel des teinturiers leur donnait une belle couleur bleue ou que le gui du chêne était sacré pour eux. Les Romains ont répandu en Gaule l’utilisation de beaucoup de plantes méditerranéennes, dont la vigne et l’olivier, ils ont même introduit des plantes qui provenaient de très loin, comme le pêcher, venu de Chine via la Perse. Leur apport a été considérable.
Jusqu’à l’époque des grandes découvertes, ce patrimoine botanique gallo-romain a connu peu de changements. Il a marqué notre paysage pendant des siècles. A nous d’en prendre conscience et d’éviter qu’il ne soit oublié, dévalorisé, considéré nécessairement comme inférieur aux créations des hybrideurs et des généticiens, détrôné systématiquement par un patrimoine venu d’ailleurs !

Oui, notre flore est belle ! Alors respectons-la, apprenons à mieux la connaître et utilisons-la en raison de ses qualités.

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